| Le Nekoblogue activiste: |
Publié le samedi 28 mai 2005Samedi 28 mai 2005
Voici une question déterminante, au sujet de laquelle j'ai assez peu entendu débattre ces derniers temps. Une raison pour ça est qu'à mon avis, quiconque pose sérieusement cette question est rapidement taxé d'anti-Européanisme. Tant pis je prends le risque ! Il faut être lucide, un ensemble géographique ne peut être politiquement rassemblé dans une démocratie que s'il y a une certaine convergence des opinions. Prenons un sujet politique typique aujourd'hui en France, on trouve certes des légères différences d'une région à l'autre, mais rien de nature à déclencher une guerre civile. En revanche je ne suis pas sûr que les divers pays de l'Union Européenne aspirent (pour l'instant) à un modèle politique et social commun. Les aspirations des Britanniques, des Grecs, des Français et des Lettons sont elles comparables ? Y-a-t-il en Europe une convergence d'opinion suffisante pour qu'on se réunisse dans un espace politique commun ? Je pense que non. Je pense que vouloir l'Europe politique aujourd'hui est (malheureusement) prématuré. J'avancerai deux raisons (parmi tant d'autres) à celà : - la différence de langue fait qu'on n'a pas encore de presse commune, ce qui ne facilite pas la convergence des opinions - en privilégiant l'élargissement géographique à l'élargissement fonctionnel, on a méncaniquement rendu plus difficile la construction de l'Europe politique. Cette vision est elle un argument en faveur du "non" ? C'est en partie le cas, mais ça n'empèche pas de dire qu'il vaut mieux se lancer dans un truc bancale qui va très mal marcher au début, que de ne rien faire. C'est une position qui se défend. Je terminerai par une citation de M.Rocard, défenseur du oui : "Je suis pour l'entrée de la Turquie dans l'UE car je ne crois plus à l'Europe politique". Samedi 28 mai 2005
Au début des débats sur ce texte, j'étais assez sensible à l'argument qui dit qu'une constitution devrait faire 20 pages, et présenter uniquement les institutions et leur fonctionnement, et pas des politiques à suivre. Avec le recul, j'ai admis le fait que la construction européenne était d'un point de vue juridique une entité suffisament particulière (et unique dans l'histoire) pour qu'on ne puisse pas lui appliquer les comparaisons avec les textes constitutionnels habituels. On ne créé ni un nouvel état (comme la France), ni une fédération d'état (comme les USA), et on ne peut donc pas demander qu'un texte fondateur de l'Union Européenne soit sur le même modèle que les autres textes constitutionnels. Il est vrai que l'intégration européenne s'est d'abord faite de manière "fonctionnelle" (quelle politique mettre en oeuvre à plusieurs ?) que de manière institutionnelle (avec quel instrument mettre des politiques en oeuvre à plusieurs ?). Tout ça pour dire que mon choix ne se fera pas sur l'argument qui consiste à critiquer la partie III pour sa forme (une définition des politiques à mettre en oeuvre).Ce texte est un traité international comme les autres. Peut-être n'aurait il pas fallu appeler ce texte "Constitution", c'est vrai, mais on va mettre ça sur le compte de la mégalo de Giscard ! Samedi 28 mai 2005
Bon donc histoire de reprendre du service, j'ai jusqu'à demain pour formuler une opinion vaguement cohérente sur la Constitution...Ca promet !
Merci à Franck de m'avoir rappelé à mes obligations oubliées il y a plus d'un an, le temps passe vite... |
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